
Habiter en famille d’accueil : c’est bien le cœur d’un séjour au pair ! Avant de partir, nos candidates passent des appels et échangent des messages avec des familles potentielles afin de matcher avec la “bonne famille”. Et la majorité d’entre-elles vont, au final, passer une année —voire plus— dans cette famille pour s’occuper des enfants.
Mais parfois, durant le séjour elles font face à des imprévus et sont amenées à changer de famille. Dans le monde au pair, on appelle cela un “rematch”.
Bien évidemment, un changement de famille ne s’anticipe pas avant le départ départ et, quelle qu’en soit la raison, n’est jamais aisé à vivre sur le moment. Mais ce changement de famille, s’il a lieu, est une étape, une sorte de nouveau départ.
Chloé est partie au pair en Caroline du Sud. Après quelques mois dans sa famille, elle a “rematché”. Elle nous raconte tout ce processus, comment elle l’a vécu et en quoi cela valait le coup de tente cette expérience dans l’expérience.
L’Amérique Au Pair / 3.14 — Pourquoi as-tu décidé de participer au programme au pair ?
Chloé — Je voulais découvrir la culture d’un nouveau pays tout en étant immergée dans une famille, comme si j’en faisais partie. J’adorais l’idée d’être entourée d’enfants et je voulais vraiment leur apporter quelque chose. Je concevais cela comme une expérience culturelle.
L’Amérique Au Pair / 3.14 — Parle-nous de ton premier placement en famille d’accueil ?
Chloé — J’étais en Caroline du Sud, à Myrtle Beach, dans une famille avec trois garçons (4 ans, 7 ans et 10 ans).
L’Amérique Au Pair / 3.14 — Et quelques mois plus tard, tu as changé de famille.
Chloé — Je ne me sentais plus alignée avec la famille. J’avais vraiment le sentiment que nous n’avions pas les mêmes attentes et pas la même conception du rôle d’une fille au pair. J’ai voulu me sentir intégrée dans la famille comme une grande sœur, et ce fut le cas, mais cela ne m’a pas permis de poser de limites.
Je voulais me faire accepter dans la famille, mais je me suis un peu perdue et j’ai perdu mon indépendance. C’est ce qui m’a poussé à demander un rematch. Je me suis rendue compte après un temps que j’avais besoin d’une famille qui était claire sur les horaires et les tâches. Je n’ai pas osé dire non, et c’est devenu trop pesant. Je n’étais pas bien.
Par chance, j’ai trouvé une autre famille dans la même ville. Une famille avec 3 garçons également mais de 2, 4 ans et 6 ans. Plus challengeant en termes de garde d’enfants, mais j’ai de suite senti chez les parents, un besoin clair dans leur recherche d’une fille au pair. Ils savaient déjà à quelle fréquence ils allaient avoir besoin de moi, pour quelles tâches. Et de mon côté, l’échec de la première famille, m’a permis de poser tout de suite mes limites, de dire ce dont j’avais besoin : j’ai préservé une certaine indépendance.
L’Amérique Au Pair / 3.14 — Comment as-tu vécu la période de rematch de deux semaines ?
Chloé — c’était stressant, mais au final bien moins stressant que l’arrivée dans la première famille, quand tout était nouveau : le pays, la langue, les premiers moments loin de mes proches. La nouvelle famille, c’était nouveau également, mais le fait d’être déjà sur place, de connaître un peu les code du pays et d’être à l’aise au niveau de la langue, a rendu les choses plus facile que la première fois.

L’Amérique Au Pair / 3.14 — Des conseils pour des Au Pairs qui “rematchent” ?
Chloé — Il faut bien regarder ce qui n’a pas fonctionné dans la première famille et essayer de comprendre pourquoi. Se remettre en question aussi, essayer de voir où on a pu faire des erreurs (cela peut-être le choix de la première famille par exemple). Je sais que la période de rematch est courte et qu’il y a le risque de vouloir rentrer dans son pays natal, mais il faut ne pas se précipiter. Parce que vivre l’expérience de fille Au Pair sereinement n’a rien à voir avec essayer de « survivre » dans une famille avec laquelle on ne se sent pas alignée. Il faut faire face la situation et l’analyser. Je tiens à en témoigner ici : toute la première partie de mon expérience dans la première famille, je n’ai pas arrêté d’essayer de me persuader que ce que je vivais était normal, sans forcément y prendre beaucoup de plaisir.
L’Amérique Au Pair / 3.14 — Il est sûr qu’un rematch est décevant pour la jeune fille Au Pair tout autant que pour la famille… et peu importe la raison. Es-tu contente d’avoir persévéré et d’avoir changé de famille ?
Chloé — Complètement. J’ai eu le sentiment de vivre pour de vrai mon expérience de fille au pair dans la deuxième famille. Si j’étais restée dans la première, je pense que j’aurais subi et j’aurais été déçue de l’expérience. C’était un risque de changer, de lacher ses habitudes, mais dans mon cas, ça valait vraiment le coup.

L’Amérique Au Pair / 3.14 — Bravo de ne pas avoir baissé les bras ! As-tu un souvenir de tes voyages pendant cette année à partager ?
Chloé — Un roadtrip depuis la Caroline du sud jusqu’au Keys en Floride.
L’Amérique Au Pair / 3.14 — Comment cette expérience t’a fait grandir professionnellement et personnellement ?
Chloé — Cette expérience m’a donné une confiance en moi que je n’aurais jamais pu acquérir ailleurs et autrement. Se retrouver seule à l’autre bout du monde, se mettre constamment dans des situations qui me sortaient de ma zone de confort, ça m’a permis de me découvrir, de revenir en France plus forte. On revient vraiment avec un sentiment de : « Peu importe ce qui peut m’arriver, après avoir vécu cette expérience, je suis capable de tout gérer. »
Le retour apporte son lot de nostalgie : c’est un peu dur parfois, parce que les personnes qui sont restées en France ne savent pas ce qu’on a vécu là-bas. Parfois on pense que tout cela était un rêve. Mais l’année qui a suivi mon retour en France, j’ai changé beaucoup de choses. Jj’ai changé de travail notamment, parce que je ne me sentais plus heureuse dans ce que je faisais où j’étais (j’avais pris un congé sans solde) et je suis persuadée que ce rematch de famille m’a permis de comprendre ce que je j’attendais de la vie et ce qui me correspondait. Ce séjour m’a donné toutes les cartes en main pour mettre en œuvre les bons changements dans ma vie en France.







